institut

Fils de Pierre-Auguste Renoir, le plus illustre des peintres impressionnistes, Jean Renoir va lui-même devenir (par amour pour une femme, Catherine Hessling, modèle sous le pinceau du père devenue actrice devant la caméra du fils) l’un des plus célèbres et des plus grands cinéastes français. Auteur d’incontournables classiques comme La Règle du jeu, La Grande illusion, ou Boudu sauvé des eaux, Renoir « libèrera le cinéma de tout ce qui le contraint : les attaches théâtrales et littéraires, la psychologie mais aussi la fétichisation du sujet, avec pour horizon son amour immodéré pour le cinéma américain. Et si la métaphore aquatique l’obsède autant, c’est qu’elle est pour la structure du film un modèle à suivre, la promesse d’une respiration : " Il y a dans le mouvement du film un côté inéluctable qui l’apparente au courant des ruisseaux, au déroulement des fleuves. Pour moi c’est cela un bon film, c’est la caresse du feuillage pendant une promenade en barque avec un ami." » (Murielle Joudet – Cinémathèque française)

Image ci-dessus : Jean Gabin et Simone Simon dans La Bête humaine (1938)

Jean Renoir
  • LA FILLE DE L'EAU

    (Fr., 1924) 1h20
    Réal. Jean Renoir
    Int. Catherine Hessling, Pierre Philippe, Pierre Champagne…

    Une jeune fille vivant avec un mari brutal sur une péniche est recueillie par un jeune homme qui tombe amoureux d’elle…

    « Je n’ai mis les pieds dans le cinéma que dans l’espoir de faire de ma femme une vedette. Je comptais bien, une fois ce but atteint, retourner à mon atelier de céramique. Je ne me doutais guère qu’une fois le doigt dans l’engrenage, il me serait impossible de me dégager. »

    Jean Renoir
    La Fille de l'eau
  • LA PETITE MARCHANDE D'ALLUMETTES

    (Fr., 1928) 39 min
    Réal. Jean Renoir, Jean Tedesco
    Int. Catherine Hessling, Jean Storm, Manuel Raaby…

    Le soir de Noël, une petite vendeuse d’allumettes propose sa marchandise aux passants indifférents. Agressée par le froid et la neige, elle se résout à enflammer ses allumettes l’une après l’autre, avec l’espoir d’en tirer un peu de réconfort…

    Programmé en première partie de séance avec La Fille de l’eau.

    La Petite marchande d'allumettes
  • BOUDU SAUVÉ DES EAUX

    (Fr., 1932) 1h23
    Réal. Jean Renoir
    Int. Michel Simon, Charles Granval, Marcelle Hainia…

    Boudu, un sympathique clochard, est sauvé de la noyade par un courageux bourgeois qui le recueille chez lui. Boudu prend ses aises dans ce nouveau logis et commence à le perturber…

    Perçu par le public comme une offense à la morale et aux « bonnes manières » cinématographiques, Boudu fit scandale en son temps. Il est par la suite devenu un classique, mettant en valeur le génie de Michel Simon, autour duquel le film est bâti.

    Boudu sauvé des eaux
  • TONI

    (Fr., 1935) 1h25
    Réal. Jean Renoir
    Int. Charles Blavette, Celia Montalvan, Jenny Hélia…

    Comme beaucoup de ses compatriotes italiens, Toni débarque en train pour travailler en Provence. Les années passent et Toni vit avec Marie, sa logeuse. Mais il est en fait amoureux d’une immigrée espagnole, Josefa, que le contremaître de Toni convoite également…

    « Tourné entièrement en extérieur, au cœur même des communautés latines des Martigues, Toni dépeint avec force et réalisme la vie de ces travailleurs méditerranéens et les passions tragiques qui unissent, ou désunissent, ces déracinés. »

    Stéphanie Alexandre (Musée de l’histoire de l’immigration)
    Toni
  • LE CRIME DE MONSIEUR LANGE

    (Fr., 1936) 1h24
    Réal. Jean Renoir
    Int. René Lefèvre, Jules Berry, Florelle, Sylvia Bataille…

    Amédée Lange est recherché par la police. En fuite en compagnie de Valentine, il s’est réfugié dans un petit hôtel, et est bientôt démasqué par des clients. Valentine décide de leur raconter toute l’histoire …

    Réalisé à la veille des élections du Front populaire, Le Crime de Mr Lange est, selon François Truffaut, « de tous les films de Renoir, le plus spontané, (…) le plus chargé de vérité et de beauté pure, un film que nous dirions touché par la grâce. »

    Le Crime de Monsieur Lange
  • LA VIE EST À NOUS

    (Fr., 1936) 1h06
    Réal. Jean Renoir
    Int. Jean Dasté, Jacques B. Brunius, Simone Guisin…

    Un instituteur détaille les mille et une richesses de la France. Mais des images de la vie prolétarienne montrent combien ces biens sont mal répartis…

    Un film de propagande commandé par le PCF, réalisé collectivement sous la direction de Jean Renoir, avec Jacques Becker, Jacques B. Brunius, Henri Cartier-Bresson, Jean-Paul Le Chanois, Maurice Lime, Pierre Unik, André Zwoboda.

    La vie est à nous
  • LA BÊTE HUMAINE

    (Fr., 1938) 1h40
    Réal. Jean Renoir
    Int. Jean Gabin, Simone Simon, Fernand Ledoux…

    Témoin d’un meurtre commis par Roubaud, chef de gare au Havre, Jacques Lantier, mécanicien de locomotive, devient l’amant de Séverine, la femme de l’assassin…

    « La Bête humaine n’est pas seulement un film politique autour de la lutte des classes. C’est un chef-d’œuvre sur la passion sensuelle et le poids du destin. Mais contrairement à Carné et au réalisme poétique, Renoir (…) désigne les coupables, les corrupteurs, critique la société, décrit et analyse chaque comportement avec une acuité qui le fait, in fine, rejoindre Zola. »

    Olivier Père, Arte.tv
    La Bête humaine
  • LA RÈGLE DU JEU

    (Fr., 1939) 1h46
    Réal. Jean Renoir
    Int. Marcel Dalio, Nora Gregor, Roland Toutain, Jean Renoir…

    Dans la France d’avant-guerre, un riche comte organise dans son immense château de Sologne une partie de chasse, où les chassés-croisés amoureux des domestiques reflètent ceux des « maîtres »…

    Considéré, comme Citizen Kane ou Le Cuirassé Potemkine, comme l’un des plus grands films de l’histoire du cinéma, La Règle du jeu, rejeté à sa sortie car dressant avec audace le portrait d’une société moribonde, revient de loin. Dernier film de Renoir tourné en France avant son exil américain dans les années 40.

    La Règle du jeu
  • L'HOMME DU SUD

    The Southerner (USA, 1944) 1h32
    Réal. Jean Renoir
    Int. Zachary Scott, Betty Field, J. Carrol Naish…

    Un ouvrier agricole et sa famille tentent de s’établir à leur compte. Ils devront combattre la maladie, la malveillance et les intempéries….

    « Adapté, avec le concours de William Faulkner, d’un petit classique du roman rural jamais traduit en France (…), le film, non content de s’inscrire dans le décor du vieux Sud, reprend à son compte un thème typiquement américain : celui de la « poursuite du bonheur », qu’il partage avec les grands films de John Ford ou de Frank Capra. »

    Mathieu Macheret, Le Monde
    L'Homme du sud
  • LE JOURNAL D'UNE FEMME DE CHAMBRE

    The Diary of A Chambermaid (USA, 1946) 1h31 – copie 35 mm
    Réal. Jean Renoir
    Int. Paulette Goddard, Burgess Meredith, Judith Anderson…

    Une jeune femme de chambre est engagée par une famille bourgeoise qui habite un château en Normandie. Elle est convoitée par le valet de chambre et le voisin…

    « Le Journal est une tragédie burlesque, aux confins de l’atrocité et de la farce. (…) Il n’y a pas dans toute l’œuvre de Renoir de film qui représente davantage la liberté d’invention et de style. »

    André Bazin
    Le Journal d'une femme de chambre
  • LE CARROSSE D'OR

    (Fr./It., 1952) 1h40
    Réal. Jean Renoir
    Int. Anna Magnani, Duncan Lamont, Odoardo Spadaro…

    Au 18e siècle, une troupe de la Commedia dell’arte donne des représentations dans une colonie espagnole d’Amérique du Sud. C’est une communauté joyeuse et bruyante, animée par Camilla, Colombine à la scène…

    « Synthèse de l’art plastique et de l’art dramatique, musique et confession intime, Le Carrosse d’or est l’un de ces quelques films qui permettent de croire à la supériorité du cinéma sur tous les autres arts. »

    Jacques Lourcelles
    Le Carrosse d'or
  • LE TESTAMENT DU DR CORDELIER

    (Fr., 1959) 1h40
    Réal. Jean Renoir
    Int. Jean-Louis Barrault, Teddy Bilis, Jean Topart…

    Le docteur Cordelier a trouvé la formule d’une drogue qui modifie l’allure et le comportement. Il devient Monsieur Opale, et commet des crimes sadiques…

    Tournée pour la télévision, cette adaptation du roman de Stevenson Dr Jekyll et Mr Hyde permet à Renoir de pousser plus loin son travail avec les acteurs, comme en témoigne ici la géniale interprétation de Jean-Louis Barrault dans le rôle de Cordelier/Opale.

    Le Testament du Dr Cordelier
  • LE DÉJEUNER SUR L'HERBE

    (Fr., 1959) 1h33
    Réal. Jean Renoir
    Int. Paul Meurisse, Catherine Rouvel, Fernand Sardou, Jacqueline Morane…

    Un scientifique aux idées froides tombe amoureux d’une jeune paysanne et abandonne ses théories…

    « Le Déjeuner sur l’herbe n’est pas un simple plaidoyer écologiste. Renoir ne dénonce rien. Il promène un miroir le long d’un chemin de campagne. Il sait que ce charmant chemin sera bientôt bitumé par les ingénieurs du bonheur. »

    Luc Arbona, Les Inrockuptibles
    Le Déjeuner sur l'herbe
  • LE CAPORAL ÉPINGLÉ

    (Fr., 1962) 1h45
    Réal. Jean Renoir
    Int. Jean-Pierre Cassel, Claude Brasseur, Claude Rich…

    Les tentatives d’évasion répétées de prisonniers de guerre français détenus dans un stalag allemand en 1940…

    « La Grande illusion est un film réalisé Avant la catastrophe, alors que Le Caporal épinglé est tourné Après la catastrophe. (…) Jean Renoir dans ce très grand film saisit la force vitale de ce qui est essentiel en l’homme et décrit ce à quoi contraignent nos temps "modernes" : "à nous de nous démerder. Tout seuls." »

    Laura Laufer
    Le Caporal épinglé
Institut de l'image
Cité du livre 8 - 10, rue des Allumettes 13098 Aix-en-Provence cedex 2 - 04 42 26 81 82
Institut de l'image Cité du livre