institut

Dans la mémoire cinéphile, le nom d’Henri-Georges Clouzot (1907-1977) est associé à cette “qualité française” que contestèrent les futurs cinéastes de la Nouvelle Vague. Pourtant, ses films continuent de fasciner. (…) Il y a un mystère Clouzot, il y a un vertige et une folie qui n’appartiennent qu’à lui, et qui le ramènent sans cesse au même point (aveugle ?) : la recherche d’une forme idéale, d’une forme que l’artiste pourrait maîtriser totalement et qui deviendrait la figure même de la vérité. Cette ambition insensée, il l’a côtoyée dans ses portraits filmés de grands artistes comme Picasso, ou lors des projets réflexifs de sa dernière période. Mais elle est déjà présente dans le cinéma soi-disant classique qui l’a rendu célèbre, de L’assassin habite au 21 aux Diaboliques, en passant par Le Salaire de la peur. Raconter le mystère Clouzot, c’est raconter un classicisme qui se met en crise : un démiurge qui atteint un tel degré de perfection et de contrôle qu’il finit par douter de ses pouvoirs. Un Mabuse contrarié, héritier de la grande tradition langienne du réalisateur tout-puissant - et que sa démesure fait basculer bizarrement en pleine modernité.

Noël Herpe


Image ci-dessus : Le Salaire de la peur (1952)
Henri-Georges Clouzot
  • L'ASSASSIN HABITE AU 21

    (Fr., 1941) 1h24
    Réal. Henri-Georges Clouzot
    Int. Pierre Fresnay, Suzy Delair, Jean Tissier…

    Un mystérieux assassin commet des meurtres en série et laisse sur ses cadavres sa carte de visite au nom de M. Durand. Le commissaire Wens trouve une piste qui le mène à Montmartre dans une pension de famille, les Mimosas…

    « Ce casse-tête chinoisement tissé serait simple exercice de style sans une dimension fantastique qui subvertit le côté boulevardier, évince toute sentimentalité, et parvient à créer de curieuses bribes de malaise. »

    Isabelle Potel, Libération


    Le film sera précédé d’un avant-programme de 8 minutes, Clouzot, Un regard moderne (produit par l’AFCAE avec Ricochets Production et le distributeur Les Acacias, avec le soutien du CNC), qui met en lumière certains des aspects de l’œuvre de Clouzot. Il est destiné à offrir aux spectateurs une meilleure compréhension du réalisateur, de sa carrière, de son parcours et de son identité.
    L'assassin habite au 21
  • LE CORBEAU

    (Fr., 1943) 1h32
    Réal. Henri-Georges Clouzot
    Int. Pierre Fresnay, Denise Saillens, Ginette Leclerc…

    Un médecin dans un petit village est accusé d’adultère et de pratique illégale de l’avor- tement par un corbeau. Les lettres se multiplient et tous les habitants sont touchés par ces rumeurs…

    « Le Corbeau est un film moins sordide qu’on l’a laissé entendre, qui contredit les soupçons de misogynie et de misanthropie encore attachées au nom de Clouzot. Au sein d’un intrigue policière retorse, le film exalte l’amour et le désir physique (…) »

    Olivier Père, Arte.tv
    Le Corbeau
  • QUAI DES ORFÈVRES

    (Fr., 1947) 1h47
    Réal. Henri-Georges Clouzot
    Int. Louis Jouvet, Simone Renant, Bernard Blier, Suzy Delair…

    Dans l’espoir d’un engagement, Jenny, une petite chanteuse de music-hall, accepte de se rendre au rendez-vous fixé par Brignon, un vieillard vicieux. Ce dernier est assassiné…

    « Ce classique du cinéma français n’est pas un polar comme les autres. Son atmosphère et ses personnages, admirablement décrits, l’emportent sur l’intrigue policière. »

    Olivier Père, Arte.tv
    Quai des Orfèvres
  • MANON

    (Fr., 1948) 1h40
    Réal. Henri-Georges Clouzot
    Int. Cécile Aubry, Michel Auclair, Serge Reggiani…
    Lion d’or Festival de Venise 1949

    Une nuit, deux clandestins sont découverts dans la cale d’un bateau à destination de la Palestine. Le capitaine envisage de les livrer à la police aussitôt la ville d’Alexandrie atteinte, puis se laisse attendrir par cette passion dévorante dont le jeune couple entreprend le récit…

    Une adaptation libre de Manon Lescaut, que Clouzot transforme en film sur le triomphe de l’amour : « Rien n’est sale quand on s’aime ».

    Manon
  • MIQUETTE ET SA MÈRE

    (Fr., 1949) 1h35
    Réal. Henri-Georges Clouzot
    Int. Danièle Delorme, Louis Jouvet, Bourvil, Saturnin Fabre…

    Une petite ville de province, en 1900. Miquette Grandier, 18 ans, fille d’une buraliste, rêve de devenir comédienne. Une tournée théâtrale, dirigée par le vieux Monchablon, suscite son admiration. Elle décide de se rendre à Paris avec sa mère…

    Précédé d’une conférence de Noël Herpe, samedi 6 janvier à 17h30.
    Maître de conférences à Paris VIII, Noël Herpe est spécialiste du cinéma français des années 1930-1940. Rédacteur à Positif et Vertigo, il a dirigé des ouvrages sur René Clair, Max Ophuls et Eric Rohmer. Il est commissaire de l’exposition « Le Mystère Clouzot » présentée à La Cinémathèque Française.

    Miquette et sa mère
  • RETOUR À LA VIE

    (Fr., 1949) 2h
    Réal. André Cayatte, Georges Lampin, H-G Clouzot, Jean Dréville
    Int. Jane Marken, Bernard Blier, Louis Jouvet, Noël-Noël, Serge Reggiani…

    Cinq prisonniers de guerre retrouvent la vie civile, chacun à sa manière, en autant de sketches qui les montrent parfois dans des situations délicates…

    Cinq histoires, tragiques ou amusantes, écrites par quatre metteurs en scène différents. Un film devenu aujourd’hui un témoignage précieux sur l’après-guerre.

    Retour à la vie
  • LE SALAIRE DE LA PEUR

    (Fr., 1952) 2h33
    Réal. Henri-Georges Clouzot
    Int. Yves Montand, Charles Vanel, Peter Van Eyck, Véra Clouzot…

    Dans un pays d’Amérique Centrale, une compagnie pétrolière propose une grosse somme d’argent à quatre aventuriers pour convoyer deux camions chargés de nitroglycérine, afin d’éteindre un incendie dans un puits de pétrole…

    L’un des films les plus célèbres de Clouzot (entièrement tourné dans les environs de Nîmes), dont William Friedkin a réalisé un non moins célèbre remake en 1976 (Sorcerer).

    Le Salaire de la peur
  • LES DIABOLIQUES

    (Fr., 1954) 1h57
    Réal. Henri-Georges Clouzot
    Int. Simone Signoret, Véra Clouzot, Paul Meurisse, Charles Vanel…

    Michel Delassalle, un homme odieux et despotique, dirige un pensionnat de garçons, secondé par sa femme Christina et sa maîtresse Nicole. Les deux femmes s’unissent pour l’assassiner…

    Un « diabolique » film noir, où Simone Signoret donne toute la mesure de son talent.

    Les Diaboliques
  • LE MYSTÈRE PICASSO

    (Fr., 1956) 1h18
    Réal. Henri-Georges Clouzot

    Sous la direction de Henri-Georges Clouzot, et grâce à un procédé ingénieux de verre trans- parent et d’encre spéciale, Picasso compose plusieurs œuvres sous nos yeux, au gré de son inspiration… un grand film sur l’art.

    Précédé du court-métrage Brasil (durée : 10 min) réalisé par Clouzot en 1950 et qui préfigure un film que Clouzot souhaitait alors tourner au Brésil.

    Le Mystère Picasso
  • LES ESPIONS

    (Fr., 1957) 2h06
    Réal. Henri-Georges Clouzot
    Int. Peter Ustinov, Martita Hunt, Véra Clouzot, Curd Jürgens…

    Le Dr Malic, qui dirige une clinique psychiatrique, accepte d’héberger un espion contre une forte somme d’argent. Dès lors, une nuée d’étranges personnages commence à hanter la clinique et ses environs…

    « (…) trois films défilent simultanément sur l’écran et se superposent : une aventure d’espionnage, une odyssée kafkaienne, un roman d’amour. À chacun d’appliquer sa grille, selon son goût et ses inclinations philosophiques. »

    R. Bellour, F. Lacassin, Le Procès Clouzot
    Les Espions
  • LA VÉRITÉ

    (Fr., 1960) 2h07
    Réal. Henri-Georges Clouzot
    Int. Brigitte Bardot, Sami Frey, Marie-José Nat…

    Pendant le procès en Cour d’Assises de Dominique Marceau, accusée du meurtre de son amant, divers témoignages éclairent son histoire…

    « Précipité de misanthropie, La Vérité brille par la qualité de son interprétation : Paul Meurisse et Charles Vanel sont impressionnants en ténors du barreau, Sami Frey est parfait en beau ténébreux mais c’est Brigitte Bardot qui suscite l’admiration et parvient à s’imposer à l’écran en véritable tragédienne, dans ce qui restera le sommet de sa filmographie, avec Le Mépris de Jean-Luc Godard . »

    Olivier Père, Arte.tv
    La Vérité
  • LA PRISONNIÈRE

    (Fr., 1968) 1h46
    Réal. Henri-Georges Clouzot
    Int. Elisabeth Wiener, Laurent Terzieff, Bernard Fresson…

    Josée et Gilbert forment un couple affranchi. De leur relation, elle dit : « Chacun est libre et on se dit tout. » Elle rencontre l’inquiétant Stan. Ils vont vivre une passion sexuelle sado-masochiste…

    Initialement intitulé Le Mal et tourné en plein mai 68, La Prisonnière est une interrogation sur ce qui peut être « la pire douleur : le manque d’amour et le désespoir » (Clouzot).

    Présenté par Noël Herpe samedi 6 janvier à 14h30

    La Prisonnière
  • L'ENFER D'HENRI-GEORGES CLOUZOT

    (Fr., 2009) 1h34
    Réal. Serge Bromberg, Ruxandra Medrea

    En 1964, Clouzot choisit Romy Schneider et Serge Reggiani pour son ambitieux projet L’Enfer, inspiré de sa relation avec son ex-femme, Véra. Le tournage est interrompu suite à un infarctus du réalisateur, et le film ne se fera jamais ; les images, rushes et essais tournés par Clouzot, resteront invisibles pendant un demi-siècle, jusqu’à ce que Serge Bromberg obtienne l’autorisation de les utiliser pour un documentaire sur cet incroyable projet.

    L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot
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