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À l’occasion de la réédition en copies restaurées de plusieurs de ses films, l’Institut de l’image revient sur l’œuvre de Luis Buñuel. Des premiers films muets surréalistes (Un Chien Andalou) aux chefs-d’œuvre des années 70 écrits avec Jean-Claude Carrière (présent pour la projection du Fantôme de la liberté le 17 février), en passant par sa période mexicaine dans les années 50, Buñuel a acquis au fil du temps une réputation de cinéaste provocateur et iconoclaste. Mais son œuvre se situe bien au-delà : « plus que nul autre cinéaste, Luis Buñuel a peint inlassablement l’homme sous toutes ses coutures. Cet animal social pas toujours sociable, Buñuel, fin architecte de l’homme, l’a filmé en plan et en coupe, afin d’éprouver le degré de résistance des divers matériaux qui le composent » (Charles Tesson).

Photo ci-dessus : Belle de jour (1966)

Luis Bunuel
  • LOS OLVIDADOS

    (Mexique, 1950) 1h29 – copie num. restaurée (DCP)
    Réal. Luis Buñuel
    Int. Estela Inda, Miguel Inclan, Alfonso Mejia…

    Comme il est précisé dans le prologue, l’action pourrait aussi bien se dérouler à New York, Paris ou Londres. Mais nous sommes à Mexico, dans une banlieue pauvre, où des gosses sans famille apprennent à vivre seuls…

    « Pendant quatre ou cinq mois (…) je me suis mis à parcourir les "villes perdues", les banlieues improvisées, très pauvres, qui entourent Mexico. Certaines choses vues sont passées directement dans le film (…). »

    Luis Buñuel
    Los Olvidados
  • EL

    (Mex., 1952) 1h29 – copie 35 mm
    Réal. Luis Buñuel
    Int. Arturo de Cordova, Delia Garces, Luis Beristain…

    Francisco, riche propriétaire, tombe amoureux fou de Gloria. Il réussit à la détacher de son fiancé, Raoul, et à l’épouser. Quelques années plus tard, Gloria retrouve Raoul et lui raconte son enfer conjugal…

    « El est un de mes films préférés. À vrai dire il n’a rien de mexicain. L’action pourrait se dérouler n’importe où puisqu’il s’agit d’un portrait de paranoïaque. Les paranoïaques sont comme les poètes. Ils naissent ainsi. »

    Luis Buñuel
    EL
  • LES HAUTS DE HURLEVENT

    Abismos de Pasion (Mex., 1953) 1h30 – copie 35 mm
    Réal. Luis Buñuel, d’après Emily Brontë
    Int. Jorge Mistral, Irasema Dilian, Lilia Prado…

    L’ancien valet Alejandro, fortune faite, revient dans la propriété où vit Eduardo avec sa femme Catarina et sa sœur Isabel. Il veut se venger des anciennes humiliations …

    « Comme tous les surréalistes, je me sentais très attiré par ce roman et je voulais en faire un film. L’occasion se présenta au Mexique en 1953. Je repris le scénario, certainement un des meilleurs que j’aie eu entre les mains. »

    Luis Buñuel
    Les Hauts de Hurlevent
  • LA VIE CRIMINELLE D'ARCHIBALD DE LA CRUZ

    Ensayo de un Crimen (Mex., 1955) 1h30 – copie 35 mm
    Réal. Luis Buñuel, d’après Rodolfo Usigli
    Int. Miroslava Stern, Ernesto Alonso, Ariadna Welter…

    Petit garçon, Archibald de la Cruz découvre le sexe en même temps que la mort. Quand il retrouve la boîte à musique de son enfance, il tente de retrouver la saveur de ce premier choc érotique en commettant un meurtre…

    « Sur cette trame, dont le freudisme basique n’est que le leurre le plus voyant, se déroule un éblouissant rêve éveillé. »

    Frédéric Bonnaud, Les Inrocks
    La Vie criminelle d'Archibald de la Cruz
  • VIRIDIANA

    (Esp./Mex., 1961) 1h30 – DCP
    Réal. Luis Buñuel
    Int. Silvia Pinal, Fernando Rey, Francisco Rabal…
    Palme d’or Cannes 1961

    Viridiana souhaite entrer au couvent, mais la mère supérieure exige qu’elle aille d’abord rendre visite à son vieil oncle et bienfaiteur Don Jaime. Celui-ci, troublé par la ressemblance de sa nièce avec sa femme décédée, tente d’abuser de la jeune femme…

    Après un long exil hollywoodien puis mexicain, Luis Buñuel revient dans son pays natal en 1961 pour y tourner Viridiana, qui fit, dans l’Espagne de Franco, l’un des scandales les plus retentissants de l’histoire du cinéma.

    Viridiana
  • LE JOURNAL D'UNE FEMME DE CHAMBRE

    (Fr., 1963) 1h38 – DCP
    Réal. Luis Buñuel, d’après Octave Mirbeau (co-écrit avec Jean-Claude Carrière)
    Int. Jeanne Moreau, Françoise Lugagne, Michel Piccoli…

    Engagée comme femme de chambre chez les Monteil, Célestine observe les petits travers de chacun : la fringale sexuelle de Monsieur, le refoulement aigri de Madame, le fétichisme raffiné du beau-père…

    « Il faut remercier Louis Malle de nous avoir révélé la démarche de Jeanne Moreau dans Ascenseur pour l’échafaud (…) Merveilleuse comédienne, je me contentais de la suivre, la corrigeant à peine. Elle m’a appris sur le personnage des choses que je ne soupçonnais pas. »

    Luis Buñuel

    Séance « Livres au cinéma » mardi 13 février à 20h (en partenariat avec Cinémas du Sud). Film précédé par une lecture (30 min environ) d’extraits du texte d’Octave Mirbeau par deux comédiens de la Compagnie Le Rouge et le Vert.

    Le Journal d'une femme de chambre
  • SIMON DU DÉSERT

    Simon del desierto (Mex., 1965) 45 min – copie 35 mm
    Réal. Luis Buñuel
    Int. Claudio Brook, Antonio Bravo, Silvia Pinal…
    Grand Prix du jury à la Mostra de Venise (1965)

    Simon vit en ermite au sommet d’une tour érigée en plein désert. Ses activités sont réduites au jeûne et à la méditation. Il lui arrive de s’ennuyer, et c’est dans ses moments de relâchement que le diable vient le tenter, apparaissant sous diverses formes…


    Précédé par

    Simon du désert
  • UN CHIEN ANDALOU

    (Fr., 1928) 17 min – Blu-ray
    Réal. Luis Buñuel
    Int. Pierre Batcheff, Simone Mareuil, Salvador Dali, Luis Buñuel…

    Fleuron du surréalisme, le film est né de deux rêves, l’un fait par Buñuel (le nuage coupant la lune et le rasoir fendant un œil), l’autre par Dali (la main pleine de fourmis).

    Un Chien Andalou
  • BELLE DE JOUR

    (Fr., 1966) 1h41 – DCP
    Réal. Luis Buñuel, d’après Joseph Kessel (scénario co-écrit avec Jean-Claude Carrière)
    Int. Catherine Deneuve, Jean Sorel, Michel Piccoli, Geneviève Page, Pierre Clémenti…

    Pierre et sa jeune épouse Séverine se promènent en calèche. Soudain, après quelques mots d’amour, Pierre fait arrêter la calèche, Séverine est attachée à un arbre, puis elle est fouettée et "livrée" au cocher…

    « Belle de jour est un objet très rare dans l’histoire du cinéma : une exploration de
 ce que Freud appelait le « continent noir », l’érotisme féminin, qui, avant nous, n’avait, je pense, jamais été tentée. »

    Jean-Claude Carrière
    Belle de jour
  • LA VOIE LACTÉE

    (Fr./It., 1969) 1h42 – DCP
    Réal. Luis Buñuel (co-écrit avec Jean-Claude Carrière)
    Int. Laurent Terzieff, Delphine Seyrig, Georges Marchal, Édith Scob…

    Six mystères ou dogmes du catholicisme sont illustrés à travers deux vagabonds, Pierre et Jean, qui pour se faire un peu d’argent se rendent à Saint-Jacques-de-Compostelle…

    « Fondé sur des recherches très sérieuses de son coscénariste Jean-Claude Carrière, ce catalogue des hérésies (…) reste constamment à hurler de rire, Buñuel ayant su trouver une équipe de comédiens sachant relayer à merveille son humour anarchiste. »

    Olivier Nicklaus, les Inrockuptibles
    La Voie lactée
  • TRISTANA

    (Fr./It./Esp., 1970) 1h40 – DCP
    Réal. Luis Buñuel, d’après Benito Perez Galdos
    Int. Catherine Deneuve, Fernando Rey, Franco Nero, Lola Gaos…

    En 1929 à Tolède, une jeune orpheline, Tristana, est recueillie par Don Lope Garrido, un bourgeois sexagénaire et athée. Il impose à Tristana son ordre moral …

    « Les films de Luis Buñuel ont commencé à changer vers la fin de sa vie. Une certaine douceur est venue s’installer là où il y avait violence. Buñuel parle toujours des travers de la vie bourgeoise, mais il le fait avec les couleurs artificielles du rêve éveillé. »

    Louis Skorecki, Libération
    Tristana
  • LE CHARME DISCRET DE LA BOURGEOISIE

    (Fr./It., 1972) 1h41 – DCP
    Réal. Luis Buñuel (co-écrit avec Jean-Claude Carrière)
    Int. Fernando Rey, Paul Frankeur, Delphine Seyrig, Bulle Ogier, Jean-Pierre Cassel…

    L’Ambassadeur de Miranda, un état d’Amérique du Sud, se livre à un trafic de drogue avec un groupe de bourgeois français. Mais chaque fois qu’ils veulent se rencontrer pour dîner, une circonstance imprévue vient contrecarrer leur projet…

    « Un vaudeville fantastique et métaphysique (…) Un récit à tiroirs où l’imaginaire des personnages et leur réalité sociale s’imbriquent de manière à susciter constamment la stupéfaction, le rire et la complicité du spectateur ».

    Jacques Lourcelles
    Le Charme discret de la bourgeoisie
  • LE FANTÔME DE LA LIBERTÉ

    (Fr./It., 1974) 1h45 – DCP
    Réal. Luis Buñuel (co-écrit avec Jean-Claude Carrière)
    Int. Michael Lonsdale, Michel Piccoli, Monica Vitti, Jean-Claude Brialy…

    Une série d’épisodes sans lien logique : un couple de bourgeois trouve « répugnantes » des photos des monuments de Paris, une infirmière passe une soirée dans une curieuse auberge, on recherche une fillette alors qu’elle est bel et bien là, un tueur est condamné à mort et aussitôt libéré…

    « La liberté, qui dans la première scène du film est une liberté politique et sociale, prend bientôt un autre sens, la liberté de l’artiste et du créateur, tout aussi illusoire que l’autre. De toute manière, il reste un des films que je préfère. »

    Luis Buñuel

    Rencontre exceptionnelle avec Jean-Claude Carrière, co-scénariste du film, samedi 17 février à 14h30
    En partenariat avec les Ecritures croisées

    Le Fantôme de la liberté
  • CET OBSCUR OBJET DU DÉSIR

    (Fr./Esp., 1977) 1h44 – DCP
    Réal. Luis Buñuel, d’après Pierre Louÿs (co-écrit avec Jean-Claude Carrière)
    Int. Fernando Rey, Carole Bouquet, Angela Molina…

    Au cours d’un voyage en train, Mathieu Faber raconte à ses voisins de compartiment ses amours avec Conchita Perez. Tombé amoureux de sa femme de chambre, il la voit se dérober à ses avances et le fuir sans cesse…

    « J’avais tenu, tout au long de ce film qui raconte, longtemps après L’Âge d’or, l’histoire de la possession impossible d’un corps de femme, à installer un climat d’attentats et d’insécurité, celui que nous connaissons tous, où que nous vivions dans ce monde. »

    Luis Buñuel

    "Désir & cinéma, dedans-dehors. Regard(s) depuis la prison"
    samedi 24 février à 16h30
    Séance en partenariat avec Lieux Fictifs - MP2018, Quel Amour !
    8 films ont été proposés à un groupe de dix personnes détenues à la prison des Baumettes, projetés afin d’échanger sur la question du désir. Qu’en est-il quand on est dedans ? Quand on est dehors ? Comment les films ont pu nourrir ce questionnement ? Leurs paroles ont été enregistrées pour être diffusées en salle de cinéma et proposer avec le public un regard croisé. En présence de Nicolas Feodoroff, programmateur et critique de cinéma, et Pierre Poncelet, coordinateur des ateliers cinématographiques menés aux Baumettes, qui ont accompagné ces échanges.

    Cet obscur objet du désir
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