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Au mois de juin l’Institut de l’image rend hommage à Shōhei Imamura, le cinéaste aux deux Palmes d’or (pour La Ballade de Narayama et L’Anguille), ancien assistant d’Ozu, et l’une des figures majeures de la Nouvelle vague japonaise.

« Provocateur et iconoclaste, Imamura s’est affirmé, dans le courant des années 1960, comme l’une des figures de proue d’un jeune cinéma révolté, en rupture avec la tradition des grands studios. Il rompait surtout avec une conception idéalisée et œcuménique de l’être humain, pour saisir les motifs primaires de ses actes, à l’endroit tabou des pulsions sexuelles, des intérêts du « bas-ventre » et du souci d’autoconservation. Imamura, pour qui l’homme n’était peut-être qu’un animal un peu plus embarrassé que les autres, disait filmer « le bas du corps », ce qu’il faut aussi comprendre comme « le bas du corps social », puisqu’il ne s’est jamais soucié que des plus « viles » couches de la société : celles qui, étant le plus écrasées, exposaient donc comme à nu la vérité comportementale que le Japon déguisait sous l’apparat de sa modernité. »

Mathieu Macheret, Le Monde


Image ci-dessus : Profond Désir des dieux (1968)
Shohei Imamura
  • DÉSIRS VOLÉS

    Nusumareta yokujo (Jap., 1958) 1h30 – copie numérique (DCP)
    Réal. Shōhei Imamura
    Int. Osamu Takizawa, Shinichi Yanagisawa, Hiroyuki Nagato…

    Une troupe d’acteurs de théâtre itinérant de seconde zone quitte une grande ville pour rejoindre les campagnes nippones. Ils vont s’installer dans un petit village où ils vont trouver le succès. Mais les dissensions au sein de la troupe sont de plus en plus présentes…

    Désirs volés
  • MON DEUXIÈME FRÈRE

    Nianchan (Jap., 1959) 1h41 – DCP
    Réal. Shōhei Imamura
    Int. Kayo Matsuo, Hiroyuki Nagato, Kô Nishimura…

    Milieu des années 50, l’industrie du charbon au Japon vit des moments difficiles. Dans une petite ville sur l’île de Kyushu où est concentré l’essentiel de l’industrie charbonnière de l’archipel, le père de Kiichi, Yoshiko, Koichi et Sueko vient de décéder. Les quatre enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes et obligés de trouver des petits boulots pour survivre…

    Mon Deuxième frère
  • FILLES ET GANGSTERS (COCHONS ET CUIRASSÉS)

    Buta to gunkan (Jap., 1961) 1h48 – DCP
    Réal. Shōhei Imamura
    Int. Nagato Hiroyuki, Jikuko Yoshimura, Yoko Minamida…

    Les marins de la base US ont transformé la ville de Yokosuka en un vaste bordel. Un jeune garçon, Kinta, et sa petite amie, Haruko, essaient de faire leur trou dans ce magma humain dévoyé…

    « Imamura montre ce qui hanta toute son oeuvre : la chaîne infernale qui va de l’oppresseur à la prostituée, la chaîne des corps et de l’argent, l’exploitation du sexe dont l’occupant est responsable. »

    Jean-Luc Doin, Le Monde
    Filles et gangsters (Cochons et cuirassés)
  • LA FEMME INSECTE

    Nippon Konchuki (Jap., 1963) 2h03 – DCP
    Réal. Shōhei Imamura
    Int. Masumi Harukawa, Sachiko Hidari, Seizaburo Kawazu…

    Au début du siècle, Tome naît à la campagne dans la pauvreté la plus totale. Décidée à changer sa condition et à connaître la fortune par tous les moyens, elle part pour la ville. Son destin suit celui de son pays dont elle subit les bouleversements de front…

    « Soumise, blessée dans son corps et réprimée dans ses désirs, prisonnière des préjugés, l’héroïne-type des films d’Imamura cherche à conquérir identité et autonomie, à se délivrer de ses inhibitions et des carcans. »

    Jean-Luc Doin, Le Monde
    La Femme insecte
  • DÉSIR MEURTRIER

    Akai satsui (Jap., 1964) 2h30 – DVD
    Réal. Shōhei Imamura
    Int. Masumi Harukawa, Kô Nishimura, Ranko Akagi…

    Après avoir accompagné son mari à la gare et envoyé son fils chez sa belle-mère, Sadako est suivie jusque chez elle par un jeune homme. Celui-ci force la porte de sa maison et la viole. La jeune femme, humiliée, en garde le secret. Quelques jours plus tard, l’homme revient et lui explique qu’il ne lui reste que peu de temps à vivre…

    L’un des films majeurs d’Imamura, qui aborde à nouveau la question de la condition féminine au Japon.

    Désir meurtrier
  • LE PORNOGRAPHE

    Erogotoshitachi yori Jinruigaku nyumon (Jap., 1965) 2h08 – DCP
    Réal. Shōhei Imamura
    Int. Shôichi Ozawa, Sumiko Sakamoto, Ganjiro Nakamura…

    Mr Ogata tourne des films, qu’il vend, avec des gadgets érotiques, à de riches particuliers afin de satisfaire leurs fantasmes. Alors que les demandes de ses clients se font de plus en plus étranges et extrêmes, les yakuzas se mêlent à sa juteuse petite affaire…

    Basé sur le roman de Akiyuki Nosaka, cette "introduction à l’Anthropologie au travers des pornographes” (traduction littérale du titre) permet à Imamura d’interroger une fois encore la société japonaise et ses bouleversements.

    Le Pornographe
  • PROFOND DÉSIR DES DIEUX

    Kamigami no fukaki yokubo (Jap., 1968) 2h52 – DCP
    Réal. Shōhei Imamura
    Int. Rentaro Mikuni, Hideko Okiyama, Choichiro Kawarazaki…

    Sur l’île de Kurage, la vie se partage entre légendes, superstitions et terribles secrets familiaux. Un ingénieur de Tokyo y est dépêché pour aider à faire parvenir de l’eau à la raffinerie de sucre, qui emploie les habitants de l’île …

    « Profond Désir des dieux synthétise les obsessions de Shōhei Imamura (…) Au cœur de cette fresque ambitieuse se niche bien sûr l’évocation d’un Japon tiraillé entre tradition et modernité : esprit panthéiste et rituels chamaniques d’un côté, américanisation galopante et culte de l’économie de l’autre. »

    Gildas Mathieu, Critikat.com
    Profond désir des dieux
  • L'HISTOIRE DU JAPON D'APRÈS-GUERRE RACONTÉE PAR UNE HÔTESSE DE BAR

    Nippon Sengoshi : Madamu onboro no Seikatsu (Jap., 1970) 1h45 – copie 35 mm
    Réal. Shōhei Imamura

    La propriétaire d’un bar de Yokosuka, dans la banlieue proche de Tokyo, commente, à partir d’actualités cinématographiques qui lui sont projetées, l’histoire de son pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’aux années 1970. Ses souvenirs et ses commentaires montrent comment le destin de son pays s’entrechoque avec son destin personnel.

    L'histoire du Japon d'après-guerre racontée par une hôtesse de bar
  • LA BALLADE DE NARAYAMA

    Narayama bushikō (Jap., 1983) 2h11 – DCP
    Réal. Shōhei Imamura
    Int. Sumiko Sakamoto, Ken Ogata, Takejo Aki…

    Orin, une vieille femme des montagnes du Shinshu, atteint l’âge fatidique de soixante-dix ans. Comme le veut la coutume, elle doit se rendre sur le sommet de Narayama pour être emportée par la mort. La sagesse de la vieille femme aura d’ici-là l’occasion de se manifester…

    Palme d’or à Cannes en 1983, La Ballade de Narayama a fait connaître Imamura au grand public.

    La Ballade de Narayama
  • L'ANGUILLE

    Unagi (Jap., 1997) 1h57 – copie 35 mm
    Réal. Shōhei Imamura
    Int. Koji Yakusho, Misa Shimizu, Mitsuko Baisho…
    Palme d’or Cannes 1997

    Takuro Yamashita est remis en liberté après huit ans passés en prison pour le meurtre de sa femme adultère. Il ouvre un salon de coiffure dans la banlieue de Tokyo mais reste obstinément mutique, ne se livrant qu’à l’anguille qu’il a apprivoisée durant sa captivité…

    « Cette ambiance provinciale et bon enfant (…) ressemble aussi aux petits films champêtres de John Ford. Imamura a retrouvé le secret de la douceur de vivre, de l’humour et de l’humanisme. »

    Vincent Ostria, Les Inrockuptibles
    L'Anguille
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