Marie Rebecchi, Jean-Michel Durafour, Louise Bouvet-Zieleskiewicz
« Voir le cinéma en peinture »
Le lundi 13h-17h, Amphi 4 (AMU, Schuman), à partir du 19 janvier
Contrairement à la peinture, qui suspend le visible dans l’espace clos de l’instant, le cinéma inscrit l’image dans la durée. Lorsque le cinéma se tourne vers un tableau, c’est pour en déplacer le régime de visibilité. Le geste cinématographique ne reproduit pas : il fracture la surface picturale pour en faire surgir les tensions souterraines, les affects comprimés, les virtualités narratives, les latences esthétiques qui demeuraient à l’état de silence dans la composition initiale. Ce que le cinéma révèle n’est pas tout à fait un sens caché — comme un secret qui aurait été volontairement dissimulé — mais un reste, un inaccompli neutralisé par les cadres institutionnels (musée, histoire de l’art, canon esthétique). Le film devient alors un espace d’émancipation du regard, un mode d’adresse qui traduit l’image picturale dans une autre langue : celle du montage, du cadre mouvant, de la voix intérieure, du regard incarné. Le tableau cesse d’être un objet contemplé ; il devient un site traversé par l’espace-temps du regard. Le visible peut se remettre à parler.
Cours accessible aux personnes munies d’une carte de fidélité à l’Institut de l’image dans la limite des places disponibles.

