Séance unique samedi 3 octobre à 14h30
« À grandes enjambées, parfois maladroites, ce mauvais élève, ce doux insolent, aura traversé le siècle avec un regard incisif, tendre et amusé depuis la scène du music-hall jusqu’au premier cinéma qu’il invente. Du village de Sainte-Sévère aux plages de Saint-Marc-sur-Mer, puis à Hollywood pour recevoir un Oscar, Tati fera au cinéma un chef-d’œuvre infaillible et une faillite définitive. Comme Langdon, Keaton, Linder, Chaplin, Stan Laurel, Harold Lloyd, W.C. Fields, c’est sur la scène – ses inventions et ses exigences, avec des numéros inventés, répétés au cordeau selon des nombres d’or, période, adresse, virtuosité, pantomime – que cet artiste sera passé des tréteaux, de la piste, au plateau bruyant du cinéma muet, noir et blanc, puis à la couleur, au panoramique, au son cinq pistes qu’il inaugure, jusqu’à filmer avec une caméra vidéo. Grande traversée pour ce rêveur maniaque, inouï, qui fait du cinéma un vaste terrain de jeu et de regards, à ce jour encore artiste inoubliable. »

À l’aide d’archives, d’extraits de films et d’images inédites de Jacques Tati au travail, ce documentaire raconte la folle ascension et la chute de ce génie de la comédie, acteur, metteur en scène et athlète du rire. Ou comment l’inventeur du mythique Monsieur Hulot fit rire la France, puis le monde, volant de succès en succès, s’élevant toujours plus haut, jusqu’à frôler d’un peu trop près le soleil.
Séance unique samedi 3 octobre à 14h30
La naissance de François, le facteur de Jour de fête ; les « cours du soir » dispensés par Mr Hulot sous la caméra d’un autre réalisateur ; un autre « jour de fête », pour un moment historique de l’histoire du SC Bastia. Trois courts-métrages, pour trois aspects de l’oeuvre de Jacques Tati.
L’École des facteurs (Fr., 1946) 15 min
Réal. Jacques Tati
Dans un petit bureau de poste de campagne, trois facteurs, dont François, pressés par les injonctions nasillardes de leur supérieur, décomposent puis reprennent, au pied de leur bicyclette, chaque geste du rituel de la remise du courrier…
Avec déjà le sens du rythme et la précision du gag propres à Tati, l’ébauche de Jour de fête, tournée dans la campagne d’Aix-en-Provence !
Cours du soir (Fr., 1967) 28 min
Réal. Nicolas Ribowsky
Une leçon de burlesque par M. Hulot lui-même, court-métrage réalisé en marge de Playtime, dont il utilise les décors et la distribution.
Forza Bastia 1978 (Italie, 1978) 26 min
Réal. Jacques Tati, Sophie Tatischeff
Avril 1978. C’est une première, l’équipe de foot de Bastia est qualifiée pour la finale de la coupe de l’UEFA, face aux Néerlandais du PSV Eindhoven. Tati, passionné de sport, se rend sur place pour filmer la préparation du match aller au stade de Furiani. Sophie Tatischeff, la fille du cinéaste, assurera le montage après avoir retrouvé les rushes oubliés dans une cave.
C’est jour de fête à Sainte-Sévère : les forains débarquent avec des roulottes, un manège et même un cinéma ambulant pour montrer aux villageois un documentaire sur les méthodes modernes de la Poste en Amérique. Avec son vieux vélo et sa simple détermination, François le facteur va tout faire pour imiter ses homologues américains…
Premier long-métrage de Jacques Tati, Jour de fête est un chef d’œuvre incontournable du septième art qui a su renouveler le genre du burlesque dans le paysage cinématographique français.
Dans une station balnéaire de la côte Atlantique, les citadins en vacances reproduisent leurs habitudes de la ville. Monsieur Hulot, personnage naïf et gaffeur, arrivé dans sa vieille voiture pétaradante, bouleverse, sans s’en apercevoir, la quiétude des clients de l’hôtel…
Cinq années après Jour de fête, Tati troque le képi et la moustache de François le facteur pour le chapeau mou et le pantalon trop court de son nouveau personnage. Avec sa pipe et sa démarche élastique, Monsieur Hulot est né.
Monsieur et Madame Arpel habitent une maison remarquablement moderne dans un quartier aseptisé. Dans cet univers trop bien agencé, jeu, hasard et humour n’ont aucune place et leur fils Gérard s’y ennuie. Mais voilà que fait irruption son oncle, Monsieur Hulot, le frère de Madame, personnage décalé et inadapté…
« Invention constante de l’image et du son, attention au moindre détail qui paraît contenir l’ensemble de la vision : le plus grand succès international d’un cinéaste de génie. »
Un groupe de touristes américaines débarque à Paris pour visiter la capitale. Pendant ce temps, Monsieur Hulot se rend dans les bureaux d’une grande entreprise pour y passer un entretien, mais finit par se perdre dans l’immensité du bâtiment…
« Je l’adore absolument. Je crois que c’est peut-être le plus grand cinéaste du monde. Playtime, c’est gigantesque, le plus grand film qui ait jamais été tourné sur les temps modernes. »
Monsieur Hulot, dessinateur d’un camping-car expérimental, accompagne celui-ci sur les autoroutes de France et de Belgique en direction du salon de l’automobile d’Amsterdam où le modèle doit être exposé. Mais la route est longue et semée d’embûches…
Jacques Tati endosse une dernière fois le personnage de M. Hulot. L’acteur-réalisateur prend ici pour thème l’explosion de l’automobile qui a lieu au tournant des années 1970. Les autoroutes deviennent ici des jungles modernes où les hommes se transforment en véritables bêtes de foire, enfermées dans leurs voitures.
À travers un spectacle de cirque participatif et délirant, Tati redonne vie à ses célèbres mimes sportifs et assure la transition des numéros de musiciens, jongleurs, magiciens et acrobates, devenant le Monsieur Loyal de Stockholm Circus.
« Le cirque est une école extraordinaire de simplicité et de gentillesse. (…) Il n’y aurait pas eu ni Chaplin, ni Keaton, ni Laurel & Hardy s’il n’y avait pas eu le cirque. Il est certain que les enfants en ont absolument besoin : l’ambiance, le regard, le sourire de tous ces jeunes qui regardent le spectacle, c’est indispensable. »