institut

En collaboration avec la ville jumelée d’Aix-en-Provence, Pécs (Hongrie), la Biennale d’Aix célèbre les 120 ans de la naissance de Victor Vasarely et les 50 ans du Centre architectonique de la Fondation Vasarely.
À cette occasion l’Institut de l’image met à l’honneur, en partenariat avec l’Institut Liszt, Centre culturel hongrois de Paris, les grands cinéastes hongrois (István Szabó, Miklós Jancsó, Béla Tarr), ainsi que les grandes réalisatrices, comme toujours oubliées par l’histoire (Judit Elek, Márta Mészáros, Ildikó Enyedi). Grâce à l’Institut national du film de Hongrie nous pourrons proposer des films rares sur grand écran, accompagnés par des spécialistes du cinéma hongrois et d’Europe centrale, ainsi qu’une rencontre autour d’un état des lieux du cinéma hongrois.
Nous programmerons également en sortie nationale le 1er avril le dernier film d’Ildikó Enyedi, Silent Friend, avec Tony Leung Chiu-wai et Léa Seydoux.

Programmation réalisée en partenariat avec :
L’Institut Liszt - Centre Culturel Hongrois de Paris
L’Institut national du film de Hongrie (Nemzeti Filmintézet - Filmarchívum)

Dans le cadre de la Biennale d’Aix 2026

Image en haut de page : Márta Mészáros, Neuf mois (1976)

Cinéma hongrois
  • LES SANS-ESPOIR

    Szegénylegények (Hongrie, 1965) 1h34
    Réal. Miklós Jancsó
    Int. János Görbe, Tibor Molnár, Zoltán Latinovits…

    1869. Depuis la révolution de 1848, le peuple hongrois est soumis à un pouvoir impitoyable. Une poignée d’insurgés, qui tente de se soulever, est pourchassée dans la puszta après une défaite écrasante…

    « Œuvre centrale dans la filmographie de Miklós Jancsó, Les Sans-Espoir combine les obsessions visuelles et thématiques de son créateur (…) Ethnologue et historien de formation, Miklós Jancsó s’éloignait alors, au grand dam des autorités communistes, des récits exemplaires et des figures tutélaires, pour faire de l’histoire hongroise celles des oubliés du progrès, des vagabonds jetés sur les routes désertes d’un pays en déshérence morale. »

    Ariane Beauvillard (Cinémathèque française)

    Présenté par György Ráduly, directeur des Archives de l’Institut national du film de Hongrie vendredi 17 avril à 20h30

    Précédé à 18h30 par une rencontre avec György Ráduly autour du cinéma hongrois (entrée libre)
    Les Sans-espoir
  • ADOPTION

    Örökbefogadás (Hongrie, 1975) 1h24
    Réal. Márta Mészáros
    Int. Katalin Berek, Gyöngyvér Vígh, Péter Fried…

    La rencontre d’une adolescente, Anna, issue d’un foyer pour délinquantes, et de Kata, une ouvrière en menuiserie, qui éprouve le besoin éperdu d’avoir un enfant. Kata finit par s’attacher à la jeune femme et la prend en charge…

    Márta Mészáros fut pionnière en étant la première réalisatrice à obtenir l’Ours d’or à Berlin en 1975, et fut également la première à recevoir le Grand Prix à Cannes en 1984. Son parcours singulier a ouvert la voie du féminisme non seulement dans la Hongrie communiste mais aussi au niveau international.

    Présenté par Mathieu Lericq et suivi d’une discussion vendredi 10 avril à 20h (en partenariat avec Le Collectif 50/50)

    Adoption
  • NEUF MOIS

    Kilenc hónap (Hongrie, 1976) 1h30
    Réal. Márta Mészáros
    Int. Jan Nowicki, Lili Monori, Djoko Rosić…

    Juli est employée dans une briqueterie. Afin de pouvoir élever seule son enfant, elle a interrompu ses études mais continue de préparer le soir un examen. Elle entretient une liaison avec son contremaître, János. Lorsqu’elle tombe enceinte, János accepte de l’épouser, mais lui impose son comportement autoritaire…

    « Márta Mészáros analyse, ici, les malentendus de l’amour et ce qu’il y a de faussé dans les relations du couple par la faute de l’homme. Protecteur comme le professeur marié ou despotique comme János, les hommes ne veulent, nous dit-elle, que dominer la femme, organiser eux-mêmes son insertion sociale et décider de ses maternités. »

    Jacques Siclier, Le Monde (1977)

    Présenté par Mathieu Lericq et suivi d’une discussion samedi 11 avril à 14h
    Neuf mois
  • ELLES DEUX

    Ők ketten (Hongrie, 1977) 1h32
    Réal. Márta Mészáros
    Int. Marina Vlady, Lili Monori, Jan Nowicki…

    Un jour, Juli, harcelée par son mari ivre, se réfugie dans un centre d’hébergement pour femmes. Le règlement strict de ce foyer ne permet pas d’accueillir la jeune femme avec son enfant, mais Marie, la directrice décide de les héberger dans son propre appartement de service…

    « Avec son regard de documentariste, Mészáros dépeint un environnement glacial, où les existences s’enlisent dans un chemin tout tracé. Une ode à la tendresse et à la sororité. » (Cinémathèque française)

    Elles deux
  • PEUT-ÊTRE DEMAIN

    Majd holnap (Hongrie, 1980) 1h45
    Réal. Judit Elek
    Int. Judit Meszléry, Andor Lukáts, Eszter Szakács…

    István et Eszter sont amoureux et se retrouvent régulièrement dans un appartement. Leur passion s’épanouit loin des regards, mais ils restent liés par les devoirs conjugaux de leurs unions distinctes. Même si tout se sait, ils doivent trouver une solution à ce dilemme. Demain. Peut-être demain…

    Il est des oublis dans l’histoire du cinéma qui ne s’expliquent que par la modestie et la discrétion de l’auteur concerné. C’est le cas de Judit Elek, figure majeure du cinéma hongrois depuis le début des années 1960, dont l’œuvre foisonnante et bouleversante est à redécouvrir à travers trois de ses plus grands films qui ressortent cette année.

    Présenté par Joël Chapron et suivi d’une discussion samedi 18 avril à 14h30

    Peut-être demain
  • COLONEL REDL

    Oberst Redl (Hongrie/All., 1985) 2h24
    Réal. István Szabó
    Int. Klaus Maria Brandauer, Hans Christian Blech, Armin Mueller-Stahl…
    Prix du jury Cannes 1985

    Alfred Redl, originaire d’une famille modeste de Galacie, entreprend de devenir un officier exemplaire afin d’être accepté par l’aristocratie…

    « Klaus Maria Brandauer est aussi étonnant que dans Mephisto (1981) du même réalisateur. Avec ses éclairages mordorés, ses images noire et rouge, ses masques, ses faux-semblants, la mise en scène donne d’admirables visions de la déliquescence de l’empire des Habsbourg. »

    Jacques Siclier, Le Monde
    Colonel Redl
  • CRÉPUSCULE

    Szürkület (Hongrie, 1990) 1h40
    Réal. György Fehér
    Int. Péter Haumann, János Derzsi, Gyula Pauer…

    Le corps de la petite Anna, huit ans, est découvert au fin fond d’une forêt. Deux inspecteurs sont dépêchés sur place pour mener l’enquête et retrouver le dangereux tueur en série qui a déjà sévi deux fois dans la région…

    Pour son premier long-métrage de cinéma, le réalisateur hongrois György Fehér s’est inspiré du roman policier La Promesse, écrit par le Suisse Friedrich Dürrenmatt en 1958 – également adapté par Sean Penn en 2001 avec The Pledge. Magnifiquement mis en images par le chef opérateur Miklós Gurbán (Les Harmonies Werckmeister), ce film noir évoque un monde spectral où règnent la folie et la destruction.

    Crépuscule
  • LES HARMONIES WERCKMEISTER

    Werckmeister harmóniák (Hongrie/All./Fr./It., 2000) 2h25
    Réal. Béla Tarr
    Int. Lars Rudolph, Peter Fitz, Hanna Schygulla…

    Les habitants d’une petite ville de la plaine hongroise voient débarquer un étrange cirque itinérant. À son bord se trouvent « la plus grande baleine du monde » et un mystérieux prince. Leur présence fascine János, jeune postier et visionnaire simple, qui va assister à la montée du chaos dans sa ville, déclenchant bientôt un torrent de violence et de beauté…

    En hommage à Béla Tarr, disparu au mois de janvier. Admirable plasticien du noir et blanc, Béla Tarr a évolué d’un cinéma social critique à un lyrisme sombre qui veut embrasser « la totalité de la vie ».

    Les Harmonies Werckmeister
  • CORPS ET ÂME

    Testről és lélekről (Hongrie, 2017) 1h56
    Réal. Ildikó Enyedi
    Int. Géza Morcsányi, Alexandra Borbély et Zoltán Schneider…
    Ours d’or Berlinale 2017

    Mária et Endre, qui travaillent dans la même entreprise, vivent chaque nuit un rêve partagé, où un cerf et une biche lient connaissance dans un paysage enneigé. Lorsqu’ils découvrent ce fait extraordinaire, ils tentent de retrouver dans la vie cet amour qui les unit la nuit…

    « Corps et âme (…) enchante par sa gravité et son ironie légère, sa suggestion délicate d’une solidarité entre le monde animal et les êtres humains, sa célébration du rêve et de la magie comme moyen d’échapper à un quotidien sans âme. »

    Jean-Dominique Nuttens, Positif

    Présenté par Joël Chapron samedi 18 avril à 17h30
    Corps et âme
  • SILENT FRIEND

    (Hongrie/All./Fr., 2026) 2h27 (en sortie nationale)
    Réal. Ildikó Enyedi
    Int. Tony Leung Chiu-wai, Luna Wedler, Enzo Brumm, Léa Seydoux …

    Dans un jardin botanique, un arbre veille et observe, témoin patient des siècles. En 1908, il suit Grete, qui lutte pour exister dans un milieu qui l’ignore. Dans les années 1970, il voit Hannes s’éveiller à l’amour et au monde des plantes. Aujourd’hui, le vieil arbre parle avec Tony dans son langage secret…

    Présenté en compétition à la Mostra de Venise, Silent Friend explore le mystère des plantes et leur intelligence.

    Silent Friend
  • Les invités :

    - Joël Chapron, spécialiste des cinématographies d’Europe centrale et orientale, et plus particulièrement de celles de l’ex-Union soviétique, interprète et traducteur de russe.

    - György Ráduly, directeur des Archives du film au sein de l’Institut national, où il pilote le projet de développement et de modernisation de l’institution, directeur de la Division de préservation du film et de technologie et responsable de la modernisation du NFI FilmLab. Il est fondateur et directeur du Budapest Classics Film Marathon et Vice-Secrétaire Générale de la FIAF (Fédération Internationale des Archives du Film).

    - Mathieu Lericq, maître de conférences en études cinématographiques à l’Université Lumière Lyon 2, spécialiste des cinématographies d’Europe centrale et orientale, critique.

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