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Comme chaque année en juillet, les classiques de l’été sont de retour pour un programme de rééditions en copies neuves restaurées.
Des rizières de la plaine du Pô chez de De Santis (Riz Amer) au New York underground d’Alexandre Rockwell (In The Soup), en passant par notre Provence familière (Manon des sources), le Japon d’après-guerre (Ginza Cosmetics) ou féodal (Kwaïdan), les Indes lointaines (L’homme qui voulut être roi), ou encore le Brésil des années 70 (Bye Bye Brésil), le cinéma nous permettra de voyager dans l’histoire du cinéma et d’explorer le monde dans toute sa diversité géographique et même au-delà, jusqu’aux confins de l’univers (de David Lynch) et la planète Dune.

  • RIZ AMER

    Riso amaro (It., 1949) 1h50
    Réal. Giuseppe De Santis
    Int. Vittorio Gassman, Doris Dowling, Silvana Mangano, Raf Vallone…

    Francesca et son ami Walter sont recherchés par la police pour avoir dérobé un collier de grande valeur. Ils se mêlent aux journalières réunies pour récolter le riz dans la plaine du Pô. Walter séduit l’une d’entre elles, la plantureuse et fantasque Silvana…

    Avec ses premiers longs métrages de fiction, et notamment Riz amer, classique du néo-réalisme, De Santis s’est imposé comme un réalisateur engagé, marqué par l’utopie marxiste. Il est l’un des rares cinéastes italiens à faire des personnages féminins, prolétaires et sous-prolétaires, les principales protagonistes de ses films.

    Riz Amer
  • GINZA COSMETICS

    Ginza keshô (Jap., 1951) 1h27
    Réal. Mikio Naruse
    Int. Kinuyo Tanaka, Ranko Hanai, Eijiro Yanagi…

    Mère célibataire et hôtesse de bar en fin de carrière, Yukiko Tsuji travaille sans relâche au Bel Ami, un petit club du quartier animé de Ginza à Tokyo, pour subvenir aux besoins de son jeune fils, Haruo. Mais sa patronne envisage de vendre l’établissement…

    Chronique d’après-guerre sur la condition des femmes ordinaires, Ginza Cosmetics offre une éloquente réponse japonaise au néoréalisme italien qui fleurit alors en Europe, en refusant toute dramatisation artificielle pour adopter une narration douce et flottante, au naturalisme presque documentaire.

    Ginza Cosmetics
  • MANON DES SOURCES

    (Fr., 1952) 1h57
    Réal. Marcel Pagnol
    Int. Jacqueline Pagnol, Raymond Pellegrin, Rellys, Henri Poupon…

    Manon, bergère sauvage animée du désir de se venger, ne se contente pas de repousser les avances du pauvre Ugolin qui clame à tout vent sa passion. Elle détourne la source qui alimente en eau la fontaine communale. Le village tout entier est condamné à mort…

    « Il y a dans ce conte magnifique la grandeur antique de la Méditerranée, quelque chose tout à la fois de biblique et d’homérique. Mais Pagnol le traite sur le ton le plus familier ; le maire, l’instituteur, le curé, le clerc de notaire, Manon elle-même sont des paysans provençaux de notre temps. L’eau qui coule du rocher sous la baguette d’Aaron va troubler le pastis. »

    André Bazin
    Manon des sources
  • LE FLEUVE DE LA MORT

    El río y la muerte (Mexique, 1954) 1h31
    Réal. Luis Bunuel
    Int. Columba Domínguez, Miguel Torruco, Joaquín Cordero…

    Dans le petit village côtier de Santa Bibiana, une vendetta naît entre deux familles : les Anguiano et les Menchaca. Mais seul Polo Menchaca, élevé loin de la violence du village, refuse de participer à cette vendetta…

    « Pour Buñuel, un simple film sur « la mort à la mexicaine », comme il l’appelle. (…) On y reconnaît cependant la patte du cinéaste, sa façon de croquer les personnages – un curé qui sort un revolver – ou la reconstitution minutieuse d’un cortège funèbre, qui font d’El Río y la muerte un document passionnant sur la société mexicaine, là où "la vie est très peu de chose et où la mort ne compte pas". »

    Cinémathèque française  
    Le Fleuve de la mort
  • CHRONIQUE D'UN ÉTÉ

    (Fr., 1961) 1h30
    Réal. Jean Rouch, Edgar Morin

    « Comment te débrouilles-tu avec la vie ? Es-tu heureux ? ». Interrogeant des inconnus et des proches, Jean Rouch et Edgar Morin nous embarquent, au cours de l’été 1960, dans les rues de Paris pour nous révéler le quotidien, les aspirations et les blessures d’hommes et de femmes, d’étudiants et d’ouvriers, de jeunes Africains et de rescapés de la guerre. Tourné en 16 mm et son synchrone, Chronique d’un été est le film pionnier du « cinéma vérité ». En hommage à Edgar Morin, disparu au mois de mai à l’âge de 104 ans, et dont le cinéma constituait une dimension à part entière de son œuvre de sociologue et de philosophe.

    Chronique d'un été
  • KWAÏDAN

    (Jap., 1964) 3h
    Réal. Masaki Kobayashi
    Int. Michiyo Aratama, Tatsuya Nakadai, Takashi Shimura…

    Quatre histoires de fantômes issues du folklore japonais : La Chevelure noire, Hoichi, Dans un bol de thé, La Femme des neiges…

    Programmé ici au mois de mars en avant-première, Kwaïdan ressort cet été dans une sublime copie restaurée et revient sur notre écran ! Prix spécial du jury au Festival à Cannes 1965, le film plonge avec maestria dans les troublantes régions de l’invisible, en adaptant quatre contes fantastiques tirés du recueil éponyme de l’écrivain irlandais Lafcadio Hearn.

    Kwaïdan
  • PERSONNE NE RIRA

    Nikdo se nebude smat (Tchécoslovaquie, 1965) 1h32
    Réal. Hynek Bočan, d’après Milan Kundera
    Int. Jan Kačer, Štěpánka Řeháková, Josef Chvalina…

    Un professeur d’Histoire de l’art promet de signer une critique élogieuse du manuscrit d’un collègue, sans l’avoir lu. Lorsqu’il découvre le texte, d’une affligeante médiocrité, il se retrouve prisonnier de sa parole…

    « Personne ne rira, film plutôt méconnu par rapport à d’autres titres de cette période passés plus volontiers à la postérité, (…) fourmille de qualités, de trouvailles (notamment visuelles), d’inventions vis-à-vis du texte de Kundera. Bočan se montre ainsi à l’aise dans des registres variés, issus tantôt du burlesque millimétré (…), parfois de l’humour noir, voire du thriller à tendance paranoïaque. »

    Martin Vagnoni, Culturopoing
    Personne ne rira
  • L'HOMME QUI VOULUT ÊTRE ROI

    The Man Who Would be King (GB, 1975) 2h09
    Réal. John Huston, d’après Kipling
    Int. Sean Connery, Michael Caine, Christopher Plummer…

    Les Indes, fin du XIXe. Peachy Carnahan et Daniel Dravot, anciens sergents de l’empire britannique, se lient d’amitié avec le journaliste Rudyard Kipling et lui confient leur projet de rejoindre le Kafiristan, et devenir souverains de cette contrée mythique…

    John Huston souhaitait depuis longtemps porter à l’écran le récit de Kipling et n’avait pu le tourner avec Humphrey Bogart et Clark Gable. C’est en 1975 qu’il réalisa enfin, au Maroc, ce grand film d’aventures « qui offre au duo Sean Connery/Michael Caine un numéro d’anthologie de flegme britannique… » (Cinémathèque française)

    L'homme qui voulut être roi
  • BYE BYE BRÉSIL

    Bye Bye Brasil (Brésil, 1980) 1h40
    Réal. Carlos Diegues
    Int. José Wilker, Betty Faria, Zaira Zambelli…

    Une troupe d’artistes sillonne le Brésil en caravane dans les années 1970, époque où la pauvreté gagne du terrain dans les campagnes. Entre la sécheresse et l’essor de la télévision, la petite troupe a plus en plus de mal à vendre des billets pour leurs pauvres spectacles…

    « Là où Bye Bye Brésil (…) étonne encore aujourd’hui, c’est dans sa manière d’embrasser le road movie avec une attention documentaire. La transamazonienne, encore en construction des années après son inauguration par le régime dictatorial, est traversée dans sa violente ambivalence politique : elle permet de pénétrer un Brésil jusque-là inaccessible pour qui n’y vivait pas, tout en le détruisant. »

    Les Cahiers du cinéma
    Bye Bye Brésil
  • DUNE

    (USA, 1984) 2h17
    Réal. David Lynch, d’après Frank Herbert
    Int. Kyle MacLachlan, Sean Young, Everett McGill, Max von Sydow, Sting, Silvana Mangano…

    En l’an 10191, l’empereur de la galaxie, aidé par le peuple Harkonnen, élabore un piège pour faire disparaître les Atréides. Ils sont envoyés sur la planète Dune où ils se font massacrer. Seul l’héritier des Atréides et sa mère parviennent à s’enfuir…

    Souvent considéré comme le grand échec de David Lynch, Dune reste pourtant un film passionnant, habité par les visions et les obsessions de son auteur, qui « plie » audacieusement le monde de Frank Herbert à son propre univers. Pour le première fois en copie numérique restaurée.

    Dune
  • IN THE SOUP

    (USA, 1992) 1h36
    Réal. Alexandre Rockwell
    Int. Steve Buscemi, Seymour Cassel, Jennifer Beals, Jim Jarmusch…

    Aldolfo Rollo, metteur en scène en herbe, rêve de réaliser de grands films mais n’a même pas de quoi payer son loyer. Désespéré, il passe une annonce pour vendre les 500 pages épiques de son scénario au plus offrant. Contre toute attente, un malfrat, Joe, l’achète…

    Un film culte de la « No Wave » new yorkaise, une comédie existentielle portée par Steve Buscemi et Jennifer Beals (Flashdance), sans oublier le grand Seymour Cassel, acteur fétiche de John Cassavetes… et Jim Jarmusch.

    In The Soup
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