Après 23 ans à la tête de l’association, je quitte ma fonction de directrice de l’Institut de l’image. Je souhaite à cette occasion adresser un message de remerciements à l’équipe qui m’a accompagnée toutes ces années, aux collectivités qui soutiennent ce projet ambitieux, aux multiples partenaires et surtout au public si fidèle, attaché à la salle et à la programmation. Ce fût un grand bonheur d’animer les soirées, les débats et de défendre avec conviction et passion la mémoire du cinéma de tout horizon, de toute époque et de faire vivre les films de répertoire.
Depuis sa création, l’Institut de l’image entretient un lien privilégié avec le cinéma italien, auquel il a consacré de nombreuses rétrospectives au fil des années et il est vrai que je l’affectionne particulièrement.
À l’occasion de la Biennale consacrée à l’Italie, il a semblé naturel d’offrir une nouvelle déclaration d’amour à ce cinéma si bouillonnant, inventif, insolent, poétique et engagé où chaque monstre sacré, qui en fait sa gloire, a su trouver sa singularité et livrer des chefs-d’œuvre inscrits dans les mémoires de tous les cinéphiles.
On parle volontiers du « cinéma italien » comme d’un ensemble cohérent. Que veut-on dire par là ? Rien ne semble rapprocher spontanément les errances existentielles d’Antonioni, l’univers onirique de Fellini, la radicalité de Pasolini, l’ironie amère de Risi, la spiritualité de Rohrwacher. Pourtant, d’un film à l’autre, quelque chose circule : une attention rigoureuse au réel mais aussi, dans ses meilleurs moments, une liberté de ton et de forme qui fait de chaque œuvre une proposition unique. Cette rétrospective invite moins à définir une essence du cinéma italien qu’à en explorer ses multiples visages.
C’est donc avec une sélection d’une douzaine de films, un week-end avec le critique Eugenio Renzi, qui a aidé à l’élaboration de ce choix et une fête pour mon départ avec buffet italien, musique et danse que nous ouvrons cette nouvelle saison.
Sabine Putortì
Image en haut de page : Federico Fellini,
La Dolce Vita (1959)