Premier long métrage d’Herzog, dans lequel le cinéaste explore l’un des principaux thèmes de la littérature germanique : le retour à la civilisation méditerranéenne.
Né en 1942 à Munich, Werner Herzog signe son premier long-métrage, Signes de vie, en 1968, et obtient le Prix spécial au Festival de Berlin. En 1972, avec Aguirre, la colère de Dieu qui inaugure sa collaboration avec Klaus Kinski, Herzog accède à une renommée internationale et devient, avec notamment Volker Schlöndorff et Rainer Werner Fassbinder, l’un des chefs de file du cinéma allemand. Depuis près de 60 ans, de Cœur de verre à Nosferatu, en passant par Fitzcarraldo, ses fictions ont marqué l’histoire du cinéma, tout comme ses documentaires, comme La Grotte des rêves perdus qui nous ramène aux origines de l’humanité et de l’histoire de l’art, ou plus récemment Au Cœur des volcans, qui résume à lui seul l’affection d’Herzog pour les aventuriers de l’extrême.
Image ci-dessus : Nosferatu, fantôme de la nuit (1979)

Durant la Seconde Guerre Mondiale, un soldat allemand blessé est envoyé, à l’écart de la guerre, dans une garnison isolée en Grèce. Saisi par une folie soudaine, il défie ses amis et compagnons…
Premier long métrage d’Herzog, dans lequel le cinéaste explore l’un des principaux thèmes de la littérature germanique : le retour à la civilisation méditerranéenne.
Au milieu du XVIe siècle, un groupe de conquérants espagnols venus par la cordillère des Andes pénètre dans la forêt vierge, persuadé d’y trouver l’Eldorado, le pays de l’or raconté par les Incas. Mais l’épuisement, les maladies et les attaques des Indiens contrarient leur expédition…
« Inspiré de faits réels, Aguirre… est un film à la fois réaliste et hallucinant, un cauchemar éveillé envoûtant, parabole implacable sur le pouvoir et sa soif. »
Kaspar, enfermé depuis l’enfance, découvre le monde sous la conduite bienveillante du professeur Daumer. Il va vite se heurter aux codes et carences de ce nouvel univers…
Dans ce film magnifique, Herzog s’attache à un personnage sans origines, qui avait, à son époque, fasciné l’Europe et inspiré, entre autres, Paul Verlaine : "La Chanson de Gaspar Hauser – Sagesse", 1880.
Au XIX° siècle, en Bavière, à la mort de l’inventeur du verre rubis, Hias, un berger connu pour ses dons de visionnaire, prédit plusieurs catastrophes dont l’incendie de la verrerie et la mort d’un paysan. Ses prédictions se réalisent le jour même…
« Le film, pour lequel Herzog a mis les acteurs sous hypnose, est la pure expression cinématographique du romantisme allemand. « L’hypnose est un état d’esprit très naturel. J’ai voulu donner le sentiment que les personnages étaient en transe, comme dans un état second. Ils précipitent eux-mêmes la catastrophe et y plongent comme dans un rêve éveillé. »
Au siècle dernier, Jonathan Harker est envoyé d’Allemagne dans les Carpates afin de négocier la vente d’une maison qu’un certain Comte Dracula souhaite acquérir…
Sur la musique envoûtante de Popol Vuh, Herzog signe un remake très fidèle du Nosferatu de Murnau, lui-même une adaptation à peine déguisée (et non-officielle) du roman de Bram Stoker, Dracula. Reprenant le maquillage de Max Schreck dans le film de Murnau, Kinski livre l’une de ses interprétations les plus mémorables.
Au siècle dernier, le soldat Franz Woyzeck, rudoyé par son capitaine, maltraité par le médecin militaire, qui l’utilise comme cobaye, sombre lentement dans la folie…
« Woyzeck est, avec Kaspar Hauser, l’incarnation ultime du personnage herzogien, le cinéaste tissant un lien secret entre ces deux films en les faisant tous deux s’ouvrir sur un plan d’eau. La souffrance des deux hommes ne vient pas seulement des humiliations, des tortures qu’ils subissent de la part de la société. Elle est plus profonde, plus large, elle s’étend à la notion même d’existence. »
Brian Fitzgerald, dit Fitzcarraldo, ingénieur mégalomane ruiné, vit dans une bourgade d’Amazonie. Passionné d’opéra, il rêve de bâtir une immense salle réservée au bel canto en pleine forêt amazonienne…
« On pourrait évoquer les péripéties du tournage, dont on sait qu’il a été très long et mouvementé, marqué par les défections en chaîne des comédiens et surtout par de graves différends avec les figurants indiens. On le pourrait d’autant plus que c’est là le vrai, le seul sujet de Fitzcarraldo : son propre tournage. »
Les Ascensions est un programme composé de deux documentaires : La Soufrière, sur l’éruption annoncée du volcan de la Soufrière en Guadeloupe en 1976, et Gasherbrum, la montagne lumineuse, où Herzog filme Reinhold Messner, athlète des hauteurs sur le point d’être le premier à gravir deux sommets himalayens supérieurs à 8000 m.
« Quadrillant bien des territoires, la filmographie de Werner Herzog peut s’apparenter à un atlas : en son milieu, s’élèvent des montagnes, qui donnent littéralement leur nom à deux de ses documentaires, La Soufrière et Gasherbrum. » (Hervé Aubron)
La Grotte Chauvet-Pont d’Arc est protégée du monde depuis 20 000 ans… Sur ses parois, des dessins, des œuvres, des témoignages exceptionnels créés à l’époque où les hommes de Néandertal parcouraient encore la Terre …
« Ce film magnifique invite les vivants que nous sommes à éprouver ce que les premiers morts de notre espèce ont voulu nous transmettre. (…) Herzog, cinéaste mediumnique qui reconduit l’inquiétude de ces pionniers de l’image en mouvement, trouve là une définition de l’art à sa mesure. »
En s’emparant des captivantes archives cinématographiques des illustres volcanologues Katia et Maurice Krafft, Werner Herzog célèbre avec force et poésie la vie, brutalement interrompue en 1991, de deux chercheurs et preneurs d’images à l’œuvre unique…
« Voilà donc ce qui relie Maurice, Katia et Werner : un feu intérieur ("The Fire Within" est le titre original du film) qui les pousse à aller filmer, au mépris de tous les dangers. Entre l’art et la vie, ils ont fait leur choix. »